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"Violence symbolique"

 
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Vincent12



Inscrit le: 12 Oct 2011
Messages: 5

MessagePosté le: 15 Oct 2011, 10:16 am    Sujet du message: "Violence symbolique" Répondre en citant
 
J'ai débuté à une époque où il existait encore une formation à l'IUFM. En tout j'ai fait trois ans d'IUFM étant donné que j'ai passé deux fois le concours et qu'à l'époque un étudiant d'IUFM préparant le concours avait la possibilité de redoubler ( ce qui n'est plus, me semble-t-il, le cas). J'ai donc eu le temps de m'imprégner de l'idéologie IUFM-IEN-IA-Ministère (idéologie de l'Institution, donc). Je me rappelle une anecdote intéressante. Nous avions un cours de pédagogie générale (une heure par semaine). C'était une prof de philo qui officiait (n'ayant qu'une vision lointaine du travail réel d'un professeur d'école, et ayant préféré fuir le travail en lycée). Un jour, le thème du cours était "les violences scolaires". J'étais content car le sujet m'intéressait beaucoup. J'avais des rapports corrects avec cette prof depuis le début de l'année, car elle appréciait mes capacités d'analyse et mon esprit critique. Cependant, ce jour-là, nous nous sommes violemment opposés (depuis ce jour, d'ailleurs, elle m'a quelque peu pris en grippe). Je m'attendais à ce que nous ayons une discussion de fond sur les problèmes réels de violence à l'école. Que nous donnions notre avis sur les solutions possibles. Au lieu de ça, la prof nous à sorti la fameuse thèse des sociologues (thèse que je connaissais déjà et qui me semblait très significative de cette "idéologie de l'excuse" alors dominante dans l'éducation nationale). La thèse est la suivante : les violences scolaires sont une réponse à la violence symbolique qu'exerce le Système éducatif sur les élèves. Cette thèse, selon moi, est encore largement répandue dans l'éducation nationale et fait partie des "réflexes de pensée" des professionnels("habitus" dirait Bourdieu). D'abord je m'interroge sur ce concept de "violence symbolique". Ne peut-il pas être discuté? Pour moi, toute violence, psychologique ou physique, a une origine, mais surtout est un phénomène humain. C'est à dire qu'un fait de violence est le fait d'un individu violent. Parler de violence symbolique, c'est une manière de dissoudre la notion de responsabilité. (Je rappelle que dans le cas de la "violence d'Etat" elle n'existe que par ce qu'il existe un individu despotique et des soldats obéissants, voir côté Syrie). Jusqu'à présent, en droit, il n'est pas possible de se défendre contre une "violence symbolique" puisqu'il n'y pa s de possibilité de dégager des responsabilités. Je pense que la violence est toujours le fait d'un ou de plusieurs individus. Cette idéologie, de plus, est utilisée très souvent pour trouver une excuse de plus aux élèves violents de nos établissements scolaires, ou pour justifier un état de fait, un immobilisme face à la violence (le même raisonnement est fait pour les délinquants) parmi les pannel d'excuse très large existant déjà. On se livre à un tour de passe-passe très habile qui consiste à transformer les élèves violents en "victimes". Dès lors, on se refuse à sanctionner, car qui voudrait sanctionner un individu qui a un statut de "victime"? Les véritables victimes des violences, dans les établissements scolaires, c'est à dire les élèves plus faibles, gentils, disciplinés, et certains bons élèves, que notre devoir serait de protéger, n'existent plus, ne sont pas entendus, ne bénéficient pas toujours de la même compassion. J'ai pu observer dès la maternelle que lorsque un élève était victime de violence de la part d'un autre élève, l'enseignant avait souvent ce réflexe hautement idéologique qui consistait à inverser les rôles : on explique aux parents que l'élève qui s'est fait violenter a provoqué lui-même cette violence, par son comportement, et que donc l'élève violent n'est pas si "coupable" que ça, qu'il est parfaitement excusable. Cette frontière devenue floue entre victime et coupable est une idéologie néfaste et parfaitement amorale : il n'existe plus ne différence entre bien et mal, fondement pourtant de toute morale, comme l'explique Kant dans les Fondements de la physique des moeurs, philosophe pas très à la mode dans l'Education Nationale. Je dirai, en ce qui me concerne, que la véritable "violence symbolique" (si ce concept correspond un tant soit peu à une quelquonque réalité, mais, bon admettons...), elle est surtout exercée sur ces élèves (et ces enseignants) victimes de violences réelles et que le système abandonne. C'est ressenti comme une violence symbolique que de se rendre compte que l'on peut être victime de violences et que ces violences ne seront jamais punies, ni réparées, et il y a de quoi se sentir révolté, on peut parler d'"injustice" réelle. Je pense à ces élèves que l'école ne sait pas protéger contre des violences d'autres élèves, qu'elle oublie et sacrifie sur l'autel d'un angélisme grotesque, et qui souffrent, eux, réellement, et qui auront, de part ces souffrances non réparées, beaucoup plus de mal à se construire dans leur vie future. Je pense également à ces profs victimes de violences psychologiques, verbales, physiques, et que l'Education Nationale ne défend plus, et au lieu de ça essaye de culpabiliser à longueur de temps, alors que l'ont pourrait parler de véritables "maltraitance" (mais, bien évidemment, il n'existe de "maltraitance" que dans le sens prof-élève, dans l'autre sens cela n'existe pas selon nos dirigeants, puisque les élèves sont de "petits anges" innocents de tout...) Les profs ont de quoi s'indigner, je pense, s'ils ne sont pas totalement aliénés...
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Etat de droit
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Messages: 87

MessagePosté le: 29 Oct 2011, 12:15 pm    Sujet du message: Re: "Violence symbolique" Répondre en citant
 
Vincent12 a écrit:
(...) On se livre à un tour de passe-passe très habile qui consiste à transformer les élèves violents en "victimes". Dès lors, on se refuse à sanctionner, car qui voudrait sanctionner un individu qui a un statut de "victime"? (...) Je pense à ces élèves que l'école ne sait pas protéger contre des violences d'autres élèves, qu'elle oublie et sacrifie sur l'autel d'un angélisme grotesque, et qui souffrent, eux, réellement, et qui auront, de part ces souffrances non réparées, beaucoup plus de mal à se construire dans leur vie future. Je pense également à ces profs victimes de violences (...)

Eh oui, je suis comme vous : atterré par autant de bêtises, autant d'idéologies aliénantes et grotesques... Cela fait des années que je dis que l'enfant en est devenu un "loup" pour l'enfant (et pour les adultes).

[Comprendre : les quelques enfants les plus brutaux et sans scrupule qui imposent leur loi par la violence à tout le monde - à tous les autres enfants et à certains adultes - jusqu'à ce qu'ils se heurtent à une violence encore plus grande que la leur...]

Les sociologues font sans doute partie du peloton de tête des fossoyeurs de l'école et de l'éducation en France. Mais il n'y a hélas pas qu'eux : dès la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989 (dont je dénonce ici quelques travers) l'Enfant est quasiment considéré comme ne pouvant être responsable de quoi que ce soit...
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