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Sanctions à l'école / en éducation

L'étude de novembre 2008 / mars 2009

Sanctions à l'école : pourquoi ça bloque toujours ? (24)

Les « arguments » les plus utilisés pour défendre l'idéologie anti-sanction à l'école

24ème argument anti-sanction à l'école : « il faut leur faire prendre conscience » de la gravité de leurs actes plutôt que de les punir.

  L'objectif affiché est donc de faire prendre conscience à un enfant de la gravité de ses actes (lorsque nous autres adultes estimons que cet enfant a commis des actes graves). Là dessus tout le monde sera d'accord. Mais la fin de cet « argument » rejoint l'opposition générique — artificiellement créée — entre prévention et sanction et aboutit une fois de plus à exclure d'emblée la sanction : à l'exclure ici de tout cheminement pouvant mener à une prise de conscience.
  Or, cette exclusion primaire de la sanction est surtout le plus sûr moyen d'empêcher toute prise de conscience... Qu'on nous excuse de nous répéter, mais ce qui n'est pas gravement puni n'est pas grave (René Barjavel, 1970). C'est-à-dire que la sanction, loin d'en être étrangère, apparaît souvent comme un vecteur essentiel à cette fameuse prise de conscience ! Que défendent les partisans de l'anti-sanction ? Qu'il serait possible de faire comprendre à un élève ayant par exemple publiquement insulté l'un de ses professeurs qu'il a commis là un acte « grave » en lui expliquant juste que cela ne se fait pas. On se demande juste s'ils sont un jour sortis du monde de Oui-Oui...
  Car l'élève à qui l'on s'est contenté de dire cela pendant toutes ses années de scolarité, comprend-t-il seulement les mots « grave », « gravité », « vie en société » ?… Et si oui, si de jeunes élèves pouvaient prendre conscience de la gravité de certains de leurs actes (et rectifier leur comportement en conséquence) par un autre moyen que la punition, pourquoi n'en serait-il pas de même dans le monde des adultes ? Pourquoi, dans ces cas-là, la punition existe-t-elle — même de façon très erratique — dès que l'on atteint 18 ans ? Si la sacro-sainte prise de conscience était possible sans la sanction ou la punition, pourquoi donc les contraventions existeraient-elles ? Pourquoi aurait-on besoin de police et justice ? Pourquoi des contrats écrits ? Pourquoi toutes ces inventions humaines qui traduisent la possibilité d'une santion en cas de non-respect des règles et lois ou de la parole donnée ?

  Les nombreux porteurs de l'idéologie anti-sanction, puisqu'ils excluent la sanction dès le départ, qu'ont-ils trouvé pour faire prendre conscience à un enfant de la gravité de ses actes ? La DISCUSSION. Car bien sûr, d'après eux, TOUT doit passer par là. C'est leur triangle d'or, le dogme du Discuter-Négocier-Comprendre censé tout résoudre... Mais si cela résolvait tout, nous n'en serions pas là où nous en sommes ! Etat de droit a indiqué être d'accord pour privilégier la discussion dans un premier temps ; et pour la poursuivre. Mais l'expérience, les multiples expériences que de nombreux professeurs de terrain font chaque jour montrent qu'avec des classes d'enfants difficiles la seule discussion ne suffit pas toujours, loin s'en faut ! Et que la sanction, elle, — on s'en aperçoit au moins quand des parents reprennent leur enfant « en main » — sans résoudre tout non plus permet de résoudre certains problèmes (comme des désobéissances répétées mettant le jeune enfant en danger) que 36 discussions n'auront pas résolus.

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