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Ce questionnement sur l'enfant se veut ouvert au dialogue (via le FORUM) : comment voyons-nous l'enfant ? Comment avons-nous « créé » l'enfant d'aujourd'hui ? Quelles en furent les représentations à travers les âges ? Comment cette notion d'enfant est-elle appréhendée sur le plan institutionnel ? Au-delà des textes et intentions, où en sont les droits de l'enfant en France, les droits de l'enfant dans le monde ? Pourquoi d'ailleurs ne pas parler plutôt des droits DES enfants ? Comment, surtout, peut-on à la fois protéger un enfant tout en lui permettant de grandir ? C'est sur ces premières questions que nous tenterons de poser quelques modestes jalons.



Sommaire :
Première partie : notre vision de l'enfant et de son éducation.

Questionnement sur ce qu'est un enfant.

Questionnement sur l'éducation des enfants.

Deuxième partie : notre vision de NOTRE ou de NOS enfants.

L'intensité du désir porté au nouvel enfant.

Les raisons qui poussent à donner la vie.


I. Le rapport à l'enfant (et à l'enfance).

Avec les générations, selon les civilisations, les circonstances, les croyances, le monde des adultes ne voit pas d'un même œil celui des enfants. Et quand bien même une vision commune existerait, ce que l'on souhaite pour son enfant reste rarement réalisable : le droit international a essayé de figer cet enfant dans quelques définitions mais bien des réalités vécues continuent de s'en écarter.

Qu'est-ce qu'un enfant ?

Pour la Convention internationale des droits de l'enfant, on est « enfant » jusqu'à 18 ans. Voilà la théorie. Mais pour les enfants exploités dans les mines [cf. édito sur le travail des enfants], l'enfance s'est arrêtée parfois avant 10 ans. Par ailleurs, qu'y a-t-il de commun entre un nourrisson et un délinquant multirécidiviste de 17 ans qui a pris l'habitude d'imposer sa « loi » à coup de violences ou d'intimidations ? Ce mot : enfant. [Relire la critique constructive de la Convention internationale des droits de l'enfant.]

On le voit, cette notion d'enfant a été traduite au niveau international de façon lapidaire, monolithique, même si des distinctions existent en droit français selon l'âge de l'enfant. Nous tâcherons donc d'éviter certains écueils à propos de l'enfant : la définition simpliste, l'approche idéalisée, la vision trop moralisatrice... En somme, on évitera de parler de l'enfant de façon infantile.

C'est en assumant toutefois une part de subjectivité que l'on tentera ici, moins de définir ce qu'est un enfant (vision statique) que de s'y intéresser de façon dynamique, avec pour question centrale : que peut faire l'adulte pour aider l'enfant à grandir ?

Qu'est-ce qu'éduquer un enfant ?

Lorsqu'il s'agit de faire grandir l'enfant, le mot éducation vient souvent à l'esprit. On parlera aussi d'élever un enfant, verbe en rapport direct avec l'idée de le faire grandir et dont la définition englobe des notions telles que nourrir l'enfant, soigner son enfant, l'habiller... Mais restons-en pour l'instant au mot éducation.

Selon les dictionnaires usuels de la langue française, éducation renferme différents niveaux de signification. Pour schématiser, dans une acception restreinte il désigne l'apprentissage de la vie en commun (politesse, respect des droits de chacun...) ; plus complètement, on y inclura la morale ou les valeurs culturelles ; et très globalement on rajoutera les idées de formation, d'acquisitions intellectuelles.

Or, le débat sur l'éducation de l'enfant variera selon la définition choisie ! Si l'on pense à l'apprentissage de la politesse, d'une certaine morale (qui culpabilise peu ou prou) et des comportements civiques, l'éducation de l'enfant d'aujourd'hui apparaît moins stricte que l'éducation de l'enfant d'hier. Si maintenant on aborde la culture générale de l'enfant, la comparaison entre l'éducation d'hier et l'éducation d'aujourd'hui appelle moins de « verticalité » car elle s'inscrit dans une différence de nature.

En effet, à âge égal, l'enfant d'hier maîtrisait sans doute mieux l'orthographe que l'enfant d'aujourd'hui, mais l'enfant d'aujourd'hui maîtrise des outils technologiques qui n'existaient pas hier. Ce type d'exemples témoigne d'une perpétuelle mutation de ce processus qui consiste à éduquer un enfant.

 

 

 

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II. Faire un enfant... pour en faire qui ?

Si l'éducation d'un enfant varie en fonction de l'époque, des caractéristiques d'une civilisation, du niveau de vie familial, un autre aspect s'avère déterminant : le (degré de) désir d'enfant. En partant du principe que l'éducation de l'enfant doit être basée avant tout sur l'amour qu'on lui porte, cet aspect mérite qu'on s'y attache en premier.

Enfant désiré, enfant naturel, enfant non désiré.

A l'heure où nous voulons de plus en plus contrôler le cours de notre vie, le cours de LA vie, c'est-à-dire le moment (approximatif) où un enfant va voir le jour, la question du désir de cet enfant à naître apparaît cruciale. Sans aucun doute l'était-elle déjà avant, mais elle se pose désormais avec une acuité particulière.

Hier — il y a tout juste quelques décennies... — les enfants n'étaient pas aussi «programmés» qu'aujourd'hui. Dans les périodes de conflits internationaux, par exemple, les enfants ne pouvaient être conçus qu'au moment des permissions. La naissance d'un nouvel enfant, pour beaucoup, était alors considérée comme un cadeau tombé du ciel. On pourrait appeler ce temps-là le temps de l'enfant naturel.

Aujourd'hui, le contrôle que nous avons acquis sur les naissances nous a un peu éloigné de cette conception de l'enfant naturel. De plus en plus, l'enfant doit résulter d'une intention, d'un calcul, doit se calquer sur un choix de carrière pour être pleinement attendu : soit il arrive au bon moment et devient cet enfant désiré ; soit il arrive au «mauvais» moment, quand cela «dérange», et le risque existe que cet enfant soit moins désiré.

Paradoxalement, le fait que nous ayons maintenant de réelles possibilités de contrôle sur les naissances a pu avoir pour conséquence d'augmenter le risque d'un enfant non désiré dans chaque famille. En effet, puisque les moyens techniques actuels permettent ce contrôle, l'oubli, le mauvais calcul, la perte de maîtrise de soi peuvent être vécus comme un échec dont le résultat est... qu'un enfant va naître. Cet enfant peut alors représenter le symbole de cette erreur. Nous reviendrons plus tard sur les conséquences qui peuvent en résulter.

L'enfant comme projet collectif ou individuel ?

Qu'il ait été pleinement désiré depuis le départ, ou accepté par la suite, voire tout juste admis, ou même secrètement rejeté, le nouvel enfant va se voir attribuer toutes sortes de destins plus ou moins idéalisés. Dans l'évolution de la conception occidentale, nous pourrions schématiser les choses ainsi : faire un enfant, autrefois, participait presque autant du projet collectif que du projet individuel ; tandis qu'à présent, le projet individuel semble avoir pris largement le dessus.

A l'époque où Jules Ferry était un homme politique, l'Alsace et (une partie de) la Lorraine étaient allemandes. Dès lors, faire un enfant pouvait être considéré comme un acte patriotique, dans l'espoir d'une reconquête future. Et ce projet collectif existe encore aujourd'hui dans certaines régions du monde : celles où des peuples peuvent s'estimer (territorialement) lésés et fondent leurs espoirs de revanche sur une forte natalité.

Mais pour s'en tenir à la France et à une bonne partie de l'Occident d'aujourd'hui, le phénomène fortement ressenti de l'individualisme a d'inévitables répercussions sur la façon dont nous envisageons la naissance d'un enfant. Qui songe, de nos jours, à faire un enfant essentiellement pour payer la retraite des plus de 65 ans ?

De fait, la baisse des nationalismes a plongé nos sociétés dans une vision très resserrée de l'enfant à naître : nous le faisons surtout pour notre projet de vie personnelle. Pour contestable que cette vision puisse apparaître, lorsque nous faisons un enfant, nous le faisons probablement plus pour nous que pour lui. Y compris lorsque cet enfant est pleinement désiré. Et sur ce dernier point, même si les projets divergent un peu, l'enfant d'aujourd'hui comme l'enfant d'hier résultent avant tout d'un besoin de ceux qui existent déjà.

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