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Sanctions à l'école / en éducation

L'étude de novembre 2008 / mars 2009

Sanctions à l'école : pourquoi ça bloque toujours ? (20)

Les « arguments » les plus utilisés pour défendre l'idéologie anti-sanction à l'école

20ème argument anti-sanction à l'école : « on n'a pas assez cherché, pas encore trouvé », il nous faut plus de crédits, une vraie aide de l'Etat...

  On passera rapidement sur le côté pécuniaire de l'histoire — déjà évoqué à l'occasion des fausses pistes recensées autour du thème de la réforme de l'école — pour nous concentrer ici sur l'aspect « c'est pour bientôt »... De deux choses l'une, quand on cherche dans une direction depuis un certain temps et que l'on n'a pas encore trouvé ce que l'on cherche, SOIT on n'a pas encore atteint le bout de l'orientation choisie, SOIT on s'est trompé de direction. C'est donc l'histoire d'un certain dilemme qu'il nous faut ici appréhender : celui de la personne qui s'est perdue dans la forêt. Une fois perdue, que faire ? Rebrousser chemin ou continuer la marche en avant ? Marche en avant dont on ne sait pas bien si elle va nous enfoncer encore plus ou si elle finira par nous sortir de l'ornière...
  Evidemment, dans le cadre de l'école, de nombreuses orientations sont plus ou moins prises années après années, ou testées, tentées, plus ou moins simultanément, au gré des marées, des marées humaines avec leurs slogans et banderoles... Il n'est donc pas aisé, au premier coup d'œil, de répondre aussi facilement que dans l'histoire du Petit Poucet perdu dans la forêt. Cependant, Etat de droit l'a suffisamment montré, il est au moins une orientation dont on a muré l'entrée : les sanctions et punitions à l'école (école primaire en particulier).
  Sur la base de cette grande tendance contemporaine, il est donc possible de reformuler notre dilemme en ces termes : après avoir éloigné au maximum la contrainte institutionnelle (visant un élève) de l'école, doit-on encore persévérer dans cette voie OU doit-on la remettre en question ? Les partisans du premier choix ne manqueront pas de dénoncer une volonté de « retour en arrière » à l'adresse des partisans du deuxième choix qui leur répondront : il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis ! Qui a raison ? Qui voit juste ?
  Bien entendu, si vous le connaissez déjà, vous savez que le site Etat de droit demande à ce que l'on remette en question le dogme anti-sanction, considérant qu'il est devenu la cause principale des dysfonctionnements croissants de notre école publique et des écoles privées par contrecoup. Encore nous faut-il argumenter sur ce point précis : pourquoi, d'après Etat de droit, avons-nous suffisamment expérimenté l'idéologie anti-sanction pour être à peu près sûrs qu'elle ne mène nulle part ailleurs que vers un enlisement et un gouffre financier chaque jour plus profonds ?
 
  Rappelons d'abord que cette orientation anti-sanction a été mise en place il y a plus de vingt ans et qu'elle n'a jamais été sérieusement remise en question. Autant les nombreuses et successives réformes de l'Education nationale montrent une certaine instabilité depuis des décennies, autant il y a une vraie stabilité dans l'idée que la sanction, la contrainte ou la punition à l'école doivent être écartées au maximum. Demandons-nous simplement : en 25 ans, le climat scolaire général — la relation professeur-élève, les élèves entre eux, les relations entre professeurs et parents d'élèves — est-il devenu plus serein ou moins serein ?
  Demandons-nous ensuite : qu'est-ce qui permet de réguler les comportements dans une société afin que le plus grand nombre possible de personnes ne voit pas ses droits et libertés quotidiennement bafoués par quelques-uns ? Est-ce seulement le dialogue et l'explication ? Est-ce seulement la petite leçon de morale ? (...qui en fait a disparu depuis longtemps.) Ou sa version judiciaire actuelle, très édulcorée, qui porte le doux nom de « rappel à la loi » ? Tout cela suffit-il ?
  Demandons-nous encore : à l'école, lorsqu'un élève ne cesse de perturber le déroulement des cours malgré des avertissements oraux, qu'est-ce qui s'avère le plus efficace, in fine, pour qu'enfin la grande majorité des autres élèves puissent apprendre quelque chose dans la sérénité ?
  Demandons-nous enfin : existe-t-il UN seul système dans la nature qui fonctionne harmonieusement sans aucun système de sanction d'aucune sorte ? Si vous en trouvez un seul, n'hésitez pas à le faire savoir ! (Que ce soit sur le FORUM d'Etat de droit ou par e-mail.) Votre trouvaille sera affichée en grand !
  En attendant, quels sont les résultats observés par tous (et reconnus officiellement) de cette Education nationale qui a banni la sanction ? Qu'avons-nous vu venir depuis les années 1990 en termes de délinquance juvénile ? Que voyons-nous enfin — suite logique... — dans les années 2000 en termes de résultats scolaires ? Un quart de siècle, n'est-ce pas suffisant pour une « expérimentation » aussi hasardeuse qu'infructueuse ? Jusqu'où allons-nous encore creuser, dans cette voie de l'anti-sanction ? Jusqu'à l'enterrement final de notre école publique ?

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