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Sanctions à l'école / en éducation

L'étude de novembre 2008 / mars 2009

Sanctions à l'école : pourquoi ça bloque toujours ? (21)

Les « arguments » les plus utilisés pour défendre l'idéologie anti-sanction à l'école

21ème argument anti-sanction à l'école : « la situation n'est pas si grave... »

Donc : point besoin de sanction... (Ou de davantage de sanctions.) Le fond de l'argument étant d'affirmer que la violence des jeunes ou en milieu scolaire a toujours existé, que c'est donc un problème ancien et qu'il n'y a pas lieu de s'adonner au « catastrophisme ».
  S'il est vrai que paniquer n'arrange rien, se voiler la face n'arrange rien non plus. On développera ici plusieurs contre-arguments.

  1. Les chiffres officiels, quelle que soit la prudence dont il faut toujours les entourer, plaident globalement (si l'on peut dire) « en faveur » d'un accroissement important de la violence juvénile depuis le milieu des années 1990, dans un contexte d'augmentation générale de la délinquance juvénile depuis au moins la fin des années 1970. On ne va pas ici s'engager dans une longue bataille de chiffres, mais on en rappellera tout de même quelques-uns issus de l'excellent et très complet rapport Schosteck du 26 juin 2002 qui reprend ici des statistiques des services de police et de gendarmerie sur la délinquance des mineurs (estimée sur la base du nombre des mineurs mis en cause année après année) :
— Si entre 1977 et 1992, le nombre de mineurs mis en cause est passé de 82.151 à 98.864 (augmentation de 20 %), ce même nombre de mineurs mis en cause a augmenté de 79 % entre 1992 et 2001 ! Atteignant alors 177.017... L'augmentation s'étant surtout effectuée entre 1994 et 1998.
— En outre, la part des mineurs impliqués dans les différents types d'infractions a crû plus rapidement que celle des majeurs, sauf en matière d'homicides. Par exemple, si leur participation est variable selon le type de vols, elle s'est sensiblement accrue en matière de vols avec violence sans armes à feu (de 31 % en 1992 à 47,5 % en 2001) et tout particulièrement pour ceux commis contre des particuliers sur la voie publique (de 33,1 % en 1992 à 50,1 % en 2001).
— Par ailleurs, en 10 ans, le nombre de mineurs mis en cause pour crimes et délits contre les personnes a été multiplié par un peu plus de 3 pour atteindre 27.224 mineurs. Leur part dans le total des mis en cause pour cette catégorie d'infractions s'élève à 15,4 % en 2001, dont une plus grande implication des mineurs en matière de viols, où leur nombre a doublé entre 1992 et 2001 pour atteindre 1.275 mineurs, soit 21 % des mis en cause. En ce qui concerne les viols sur mineurs, leur part atteint même désormais 31 %.
  Soit dit en passant, on constate ici à quel point la Convention internationale des droits de l'enfant est « à côté de ses pompes », qu'on nous passe l'expression, lorsqu'elle indique — dans son article 19 — que les atteintes graves contre les enfants seraient forcément le fait d'adultes. Qu'apprend-t-on ici ? Que 1 enfant violé sur 3 en France est le fait d'un autre « enfant » (selon la définition de l'enfant donnée par cette même Convention internationale des droits de l'enfant pour qui un enfant est un mineur).
  Et l'on aurait pu aussi évoquer en détails l'augmentation en pourcentage et en absolu des dégradations volontaires (violence souvent gratuite) ou la très forte augmentation des infractions contre les dépositaires de l'autorité et sur les stupéfiants où le nombre des mineurs mis en cause a plus que quadruplé entre 1992 et 2001... Ou encore le rajeunissement inquiétant de l'âge d'entrée des mineurs dans la délinquance.

  Et après 2001 ? nous demandera-t-on peut-être... Eh bien l'évolution n'est guère plus satisfaisante : si les militants les plus optimistes feront remarquer qu'entre 1998 et 2007 on assiste à une baisse du pourcentage des mineurs mis en cause par rapport à l'ensemble des mis en cause (de 22 % à 18 %), ils restent très discrets sur le fait que cette « baisse » relative (de la proportion des mineurs délinquants par rapport aux majeurs délinquants telle qu'on peut l'appréhender approximativement à partir du nombre des personnes mises en cause) s'inscrit dans une forte hausse globale durant la même période, portant ainsi le nombre total de mineurs mis en cause en 2007 à... 203 699. Soit une nouvelle augmentation de 15 % par rapport à 2001 et donc une augmentation de la délinquance des mineurs de 106 % en 15 ans telle qu'on peut l'estimer sur la base du nombre de mineurs mis en cause entre 1992 et 2007. Mais voilà : sous prétexte que la délinquance des majeurs a encore plus rapidement progressé ces toutes dernières années, certains sociologues tentent toujours de nous faire croire que la délinquance des mineurs serait moindre... On fait croire que les mauvais chiffres sont bons en trouvant pire ! C'est un peu comme si la sécurité routière nous disait : non, ce type-là n'a pas trop bu malgré ses 2 grammes d'alcool dans le sang parce que tel autre en a 3,5.
  Du reste, on pourrait légitimement se demander : pourquoi, après une très forte hausse de la délinquance des mineurs entre 1994 et 1998, la délinquance des majeurs s'est-elle a son tour mise à augmenter fortement depuis le début des années 2000 ? Etat de droit se risque à émettre la petite hypothèse suivante : les nouveaux délinquants adultes des années 2000 ne seraient-ils pas surtout d'anciens délinquants mineurs que les années 1990 ont produits ? En effet, si l'on se réfère à l'un des graphiques produit par M. Mucchielli en 2008 — sociologue de son état et qu'on ne saurait soupçonner de parti pris — on s'aperçoit que, structurellement, d'une décennie à l'autre, la proportion des personnes condamnées en France ayant moins de 30 ans est toujours supérieure à 50 % de l'ensemble des personnes condamnées... Et comme, par ailleurs, le nombre total des personnes mises en cause est passé de 800 000 en 1999 à 1 100 000 en 2006, on en déduit que cette hausse du nombre des mis en cause (environ 37,5 % en sept ans) est en bonne partie due aux jeunes de moins de 30 ans, qui étaient pour la plupart mineurs dans les années 1994-1998...
  Ainsi, en recoupant l'augmentation des mineurs mis en cause sur quinze ans (+ 106 % entre 1992 et 2007) avec l'augmentation de toutes les personnes mises en cause ces dernières années (+ 37,5 % entre 1999 et 2006) et avec enfin la part habituelle des personnes condamnées qui ont moins de 30 ans (+ de 50 % de l'ensemble des personnes condamnées), on s'aperçoit qu'après la très forte augmentation des mineurs mis en cause dans les années 1990, on assiste — logiquement — à une forte augmentation de la délinquance des moins de 30 ans dans les années 2000.
  Cela signifie qu'une bonne part de la délinquance globale a pour cause directe la délinquance des mineurs. S'il y a aujourd'hui une forte hausse de la délinquance tous âges confondus, c'est très probablement parce qu'il y a eu une forte hausse de la délinquance des mineurs précédemment ! Qui fut elle-même précédée et accompagnée par toute cette litanie de textes officiels laxistes en direction des plus jeunes à l'école... On pourra toujours dire que les causes sont multiples, mais en voilà une qui est systématiquement niée (Etat de droit ne lâchera pas l'affaire) : si les enfants puis les jeunes — puis les adultes, inévitablement — respectent de moins en moins bien les règles de la vie en société, c'est d'abord et surtout parce qu'ils ont subi une éducation sans sanction qui ne leur a pas permis d'accepter progressivement de respecter ces règles. On serait tenté de dire que tout part de là...

  Enfin, au-delà des statistiques, on conseillera à tous ceux qui veulent toujours croire que la violence des jeunes ne se serait pas trop aggravée ces dernières années de méditer un petit instant sur cette réflexion de Guy Gilbert qui s'exprimait alors dans le cadre du rapport Schosteck et dont l'expérience de terrain n'est plus à démontrer : Nous avons peur de nos jeunes maintenant. C'est un séisme fort, diffus, que tout le monde ressent. Tout le monde ? Presque... Sauf nos irréductibles idéologues qui ne foulent que les salons dorés.

  2. Les chiffres ou constats plus ou moins officiels sur la situation scolaire d'aujourd'hui — et non démentis par notre « éducation » nationale française — montrent qu'en parallèle à la forte augmentation de la délinquance des mineurs (et donc maintenant des majeurs aussi, par la force des choses...) nous nous trouvons confrontés à une baisse générale du niveau scolaire de nos élèves depuis, disons, les années 1980. Ce qui coïncide une fois de plus avec la vaste entreprise de suppression progressive mais drastique de la sanction en milieu scolaire, ÉNORME erreur que nous ne nous lasserons pas ici de dénoncer.
  En effet, ce fut long à venir mais le Haut Conseil de l'Education a fini par reconnaître en 2007 que 40 % des élèves de notre école primaire intégraient le collège avec, d'ores et déjà, de grandes difficultés scolaires... Autre indice : une expérience a été menée qui consista à donner à des élèves des années 2000 LA MÊME dictée qui fut donnée à des élèves des années 1980, vingt ans auparavant. Résultat ? Les élèves d'aujourd'hui ont — au moins en orthographe — deux ans de retard par rapport aux élèves des années 1980 ! (Un élève de 5e d'aujourd'hui ayant à peu près le même niveau en orthographe qu'un ancien élève de CM2.) Rajoutons aussi que les résultats officiels des évaluations nationales du début de CE2 sont fréquemment surestimés. Et qu'au beau milieu de tous ces constats, durant la même période, le budget de l'Education nationale n'aura cessé d'augmenter...

  3. Par ailleurs, celui qui écrit ces lignes avait effectué un petit sondage en 2003 auprès de plusieurs dizaines de professeurs. La condition, pour faire partie du panel, était qu'il fallait être resté(e) au moins 5 ans dans la même école primaire ou le même établissement scolaire. Et la question était : par rapport à il y a 5 ans, au niveau du comportement général des élèves de votre école ou établissement scolaire, diriez-vous que la situation...
1) ...s'est améliorée ?
2) ...est restée inchangée ?
3) ...s'est aggravée ?

  Et la réponse fut : TOUS les professeurs interrogés affirmèrent que le comportement des élèves s'était aggravé en 5 ans. Bien sûr, on nous rétorquera que cette petite enquête n'est pas scientifiquement sérieuse, qu'elle ne porte pas sur un assez grand nombre de personnes etc. Ce à quoi Etat de droit répond : soit ! Eh bien commandez donc la même enquête auprès d'un institut de sondage agréé et nous verrons bien !
  Du reste, quand bien même on nous rétorquerait encore que les réponses données participent plus d'un sentiment d'insécurité que d'une insécurité réelle, on constatera déjà que les réponses des professeurs confirment amplement les statistiques officielles de la délinquance des mineurs et qu'elles s'inscrivent logiquement dans l'évolution actuelle — à la hausse — des incivilités et violences dans la société française.

  4. Rajoutons qu'un bon nombre d'autres indices auraient pu alerter les traditionnels partisans de la politique de l'autruche s'ils ne s'étaient pas autant enfoncés la tête dans le sable.
  Tout d'abord — nos grands « spécialistes en éducation » doivent le savoir mais beaucoup moins le grand public — la seule liste des différents types de postes à pourvoir chaque année à l'Education nationale donne une idée de la situation : on crée de plus en plus de postes d'enseignement spécialisé... Si cela continue, il n'y aura bientôt plus aucun poste « normal » à l'Education nationale ! Qui dit poste spécialisé dit bien sûr : enfants à gros problèmes... Et donc la liste de ces postes ou établissements spécialisés s'allonge d'années en années :
instituteurs en collège (enseignant en classe relais avec des élèves ayant pu commettre des manquements graves et répétés au règlement intérieur ou caractérisés par une forte agressivité vis-à-vis des autres élèves ou des adultes) ;
centres médico-psycho-pédagogique (pour des enfants inadaptés mentaux ayant des troubles neuro-psychiques ou des « troubles du comportement ») ;
établissements troubles du comportement et de la conduite qui accueillent donc, comme leur nom l'indique, des enfants ayant des « troubles de la personnalité » ou des « troubles du comportement et de la conduite » ;
établissements régionaux d'enseignement adapté qui peuvent accueillir des élèves handicapés moteurs ou encore des élèves en grande difficulté scolaire avec possibilité d'un « internat éducatif » ;
sections d'enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) ;
maisons d'arrêt centres scolaires ;
instituts médico-éducatifs ;
— etc. etc.
  Ce n'est qu'un aperçu. Ces structures ou organisations recouvrent certes des réalités différentes, mais surtout sur le papier. Prenons le cas des SEGPA : en théorie elles ne devraient pas concerner des enfants ayant des problèmes de comportement, mais dans la réalité, ces SEGPA sont parfois des fourre-tout où peuvent se retrouver des enfants ayant de sérieux problèmes comportementaux... De manière générale, beaucoup de ces structures sont destinées à tenter de traiter des problèmes de comportement même si la surenchère pathologique est omniprésente. Les mots sont très souvent trompeurs. Prenons par exemple le cas des anciennes classes « de perfectionnement » : a priori on pourrait croire qu'il s'agit-là d'un dispositif pour surdoués ! Dans perfectionnement il y a perfection. On y aurait donc formé des futurs professionnels de haut niveau... En réalité, c'était évidemment — quand on connaît le grand sens de l'humour de notre Ministère de l'Education Nationale — l'inverse.
  Ainsi, on ne compte plus les classes très spéciales, « d'adaptation », « d'intégration »... Sans compter nos anciens « centres éducatifs renforcés » remplacés par nos actuels « centres éducatifs fermés ». C'est bien simple, aujourd'hui en France, dès que l'on entend les mots éducatif, ambition réussite, parcours d'excellence, perfection, professionnel, il faut traduire par : échec scolaire. Perpétuel dévoiement des mots ! Etat de droit le répète souvent, c'est vrai... Du point de vue sémantique nous n'avons donc rien à envier aux anciennes « démocraties populaires » d'Europe de l'Est ou à telle ou telle « république démocratique » d'Afrique ou d'Asie : nous utilisons exactement le même type de manipulation sémantique ! Travers ridicule qui ne trompe plus personne.
  Pour revenir à l'appellation « troubles du comportement », il faut croire que ce qui est trouble, c'est surtout l'esprit de ceux qui ne cessent d'inventer toujours plus d'explications pathologiques aux comportements anti-sociaux. A croire qu'un enfant désobéissant ou qui « fait sa crise » est avant tout un malade mental... Rien qu'aux intitulés de nos fameux établissements spécialisés, on retrouve toute l'idéologie déresponsabilisante qui domine l'ensemble de la vaste sphère éducative aujourd'hui en France. Pourquoi dire : déresponsabilisante ? Parce que si l'on est malade ou « troublé », on a rien à se reprocher ! Entendons-nous : Etat de droit ne nie pas qu'un certain nombre d'élèves peuvent être victimes d'affections psychiques dont ils ne sont pas responsables. Mais dans l'organisation de notre Education nationale, TOUTES les déviances comportementales sont automatiquement vues à travers le prisme de la pathologie mentale ou psychologique... Il n'y a plus aucune place au mérite d'avoir su bien éduquer ses enfants ! Plus aucune responsabilisation des parents ou des grands enfants lorsqu'ils manquent à leurs devoirs...
  On profitera néanmoins de cette grande intrusion du médical dans l'éducatif pour faire remarquer que si tout allait si bien dans ce bas monde et dans notre école publique, nous n'aurions peut-être pas besoin d'être aussi imaginatifs et redondants dans la sémantique psycho-pathologique...

  5. Parmi les indices qui peuvent encore nous renseigner pour savoir si « la situation n'est pas si grave » ou s'il serait temps de la regarder un peu en face, il y aussi la nature de certains faits divers que l'on aura pu découvrir au cours de ces années 2000.
  Bien entendu, on aura bien conscience de l'effet grossissant des médias en cette matière, mais tout de même : il y a des choses qui se voient aujourd'hui, qui eussent été tout simplement inconcevables il y a quelques décennies. En ce sens, les exemples qui suivent sont assez révélateurs d'un certain état d'esprit : la permissivité.
  Ainsi ces dernières années aura-t-on plusieurs fois entendu parler de bouteilles d'acide déversées dans une cour de collège ou lycée, quand ça n'est pas directement en direction d'un autre élève... Un autre jour, c'est un lycéen qui balance par la fenêtre du matériel de physique lourd, depuis le 2e étage, sans du tout se demander si quelqu'un ne va pas le recevoir sur la tête... Le 24 mars 2005, on apprend que des élèves — dont la situation sociale n'est pas précaire — se sont amusés à coller des images de professeurs sur des cahiers en les parsemant d'insultes très graves. Puis cette petite mode s'étend sur le Net... Puis arrive la nouvelle mode des agressions filmées et diffusées à leur tour...
  Dans la même veine, on apprend le 22 septembre 2007 que trois jeunes, de 16, 17 et 18 ans, viennent de déposer une vidéo sur Internet où on les voit jouer (au sens littéral) avec un bébé d'un an et demi qu'ils s'envoient à plusieurs mètres de distance (environ 3 mètres) comme s'il s'agissait d'un ballon de rugby. A un moment, raconte une femme policier qui a visionné la vidéo, l'un des jeunes rattrape le bébé de justesse... Simple question : aurait-on vu cela ne serait-ce que dans les années 1980 ?
  Le 23 juin 2008, à 13h50 sur Europe 1, témoignage d'une maman : son fils de 18 ans est allé à Paris, à la fête de la musique ; vers République ou Bastille, à un moment donné, alors qu'il se promène simplement tout seul, plusieurs jeunes lui tombent dessus, par derrière, pour le rouer de coups. Ils le tabassent à terre (a-t-il dit à sa maman) mais ne lui prennent rien : même pas son téléphone portable. C'était juste pour le taper. C'est tout. Puis il réussit à s'échapper, et ils le poursuivent à travers la foule...
  Il ne s'agit-là que d'un témoignage. Etat de droit n'a évidemment aucun moyen d'en vérifier l'exactitude ou la sincérité. Mais ce type de témoignage-là est devenu banal aujourd'hui. Pourquoi aurait-on besoin d'inventer ce qui s'est largement répandu en France dans ces années 2000 ? Et qui porte un nom : la violence gratuite.
  On le sait aussi, la violence s'est largement développée à l'occasion de matchs de foot amateurs. Tout le monde se souvient encore des émeutes urbaines de novembre 2005. Et l'on ne compte plus le matériel public dégradé ou les mises à feu diverses : bus, cages d'escalier, boîtes aux lettres, voire des écoles, des personnes directement visées... Et nous le savons bien aussi, un professeur insulté était quelque chose d'exceptionnel hier mais de tristement banal aujourd'hui.
  Enfin, il y a ces cas dont on entend parler de temps en temps d'agressions à l'arme blanche. Alors bien sûr, on nous dira que cela reste exceptionnel. Question : pour combien de temps encore ? Quand on entend par exemple Madame Karen Montet-Toutain (poignardée fin 2005) révéler le 19 janvier 2009 sur Europe 1 qu'au cours du premier procès de son agresseur des « experts » ont osé affirmer que planter un couteau dans une personne c'est un peu comme se le planter dans son corps à soi, les bras nous en tombe...
  Etat de droit ne cessera de dénoncer cette immense imposture qui consiste à toujours prendre l'agresseur pour la victime, infligeant ainsi une véritable Double Peine pour les VRAIES victimes. Ce réflexe de la recherche d'excuse a priori est devenu quasi systématique ! Etat de droit avait déjà évoqué cet exemple des enfants tueurs à l'école qui furent immédiatement excusés. Mais les exemples se rencontrent à la pelle... Quelques mois avant l'agression dont fut victime Madame Montet-Toutain, on entendait par exemple le 21 mars 2005 qu'un collégien de 15 ans, cagoulé, en poignardait un autre ; et trois jours plus tard, une fois son identité découverte, l'on se demandait aussitôt s'il ne souffrirait pas de troubles mentaux. Toujours pareil ! Le refrain est bien en place. Rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter. Alors Etat de droit le redit : si les agressions graves à l'école (comme en dehors de l'école) sont restées jusqu'à présent relativement exceptionnelles, elles le seront de moins en moins à l'avenir. Pourquoi ? En 1970, René Barjavel avait déjà trouvé la bonne explication : Ce qui n'est pas gravement puni n'est pas grave.

  Faisons maintenant le bilan de ce 21e argument anti-sanction à l'école : la situation n'est-elle « pas si grave » ou mériterait-elle, comme le préconise Etat de droit, que l'on réinjecte une certaine dose de punitions et sanctions à l'école (à défaut d'une sphère privée peu accessible à l'autorité publique), et ce, dès l'école primaire ?
  Regardons les choses en face au moins une fois l'an ! Même si tous les éléments d'argumentation ici présentés n'ont pas toujours, chacun en soi, valeur de preuve absolue, considérons-les dans leur totalité ! Ne constituent-ils pas, pour le moins, un faisceau d'indices très important qui étaye sérieusement l'hypothèse d'une forte aggravation générale de la violence juvénile depuis au moins une quinzaine d'années ?

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