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réforme de la justice pénale et civile en Franceréformes dans la société française 
 et autorité de l'Etat

réforme de l'école primaire et de l'éducation nationale

[2 juillet 2006]

Proposition  E3  Proposition complète

Pourquoi

Pourquoi

Renforcer le pouvoir propre aux chefs d'établissement et directeurs d'école.

Un directeur pourrait dorénavant exiger certains acquis comportementaux de base, à l'entrée en école maternelle ; un principal ou un proviseur pourrait désormais prononcer, seul, une sanction pouvant atteindre jusqu'à un mois de renvoi à l'encontre d'un élève, et ne serait plus tenu d'informer sa hiérarchie à cet égard (du moins jusqu'à un certain point, toutes ces nouvelles prérogatives institutionnelles comportant de notables limites).

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Concernant l'accès à l'école maternelle, personne n'a jamais trouvé à redire sur la condition de propreté de l'enfant. On considère que c'est indispensable pour le bon fonctionnement de l'école des tout petits. Pourtant, le fait de ne pas se jeter fréquemment et violemment sur les autres enfants, n'est-ce pas tout autant indispensable ?… Bien entendu, d'aucuns ne manqueront pas de dire que si un enfant de 3 ans est violent, l'école est justement là pour le rendre plus sociable tandis que sa situation s'aggraverait si on le laissait à la maison. Le problème, avec ce type d'argument, est qu'il repose sur un a priori qui n'a jamais été testé expérimentalement. (Et qui, soit dit en passant, fait peu de cas de l'intérêt de TOUS LES AUTRES enfants...) En effet, a-t-on déjà fait l'expérience, en France, de remettre provisoirement à ses parents un enfant de maternelle très violent ? Non. On a donc condamné d'avance cette issue sans savoir si elle pourrait offrir des résultats positifs, au profit d'une autre dont on sait en revanche qu'elle génère des résultats négatifs...
  Car l'expérience vécue, elle, parle contre le type d'illusion évoquée ci-dessus : on s'aperçoit chaque jour que l'école d'aujourd'hui — c'est-à-dire sans règle vraiment prise au sérieux (puisqu'aucune sanction réelle n'existe) — n'est guère efficace pour sociabiliser les enfants très violents, qu'ils soient très jeunes ou un peu plus âgés. Cela se saurait, sinon... Que voit-on, en réalité, tout au long de la scolarité ? Qu'un enfant violent à l'école non seulement le reste souvent, mais de surcroît, incite les autres (qui n'ont plus guère le choix quand ils se sentent agressés) à le devenir. Et par ailleurs, a-t-on pu prouver que les enfants non scolarisés jusqu'à 5 ans auraient un comportement plus agressif que les autres ? Non, bien sûr. Ce serait même plutôt le contraire : les enfants des générations précédentes allaient à l'école moins tôt et pour autant la violence juvénile était beaucoup moins développée qu'à l'heure actuelle. La conclusion, si on met de côté l'habituelle langue de bois, on la devine : ce sont les parents qui font qu'un enfant est agressif à la base ; pas l'école. [En voici une illustration.] Ce que l'on peut reprocher en revanche au système scolaire, c'est que l'absence de moyen de sanction véritable qui le caractérise actuellement le rend impuissant et inapte à endiguer les comportements les plus agressifs, qui peuvent donc continuer à se développer en toute «liberté»...
  Néanmoins, en questionnant les uns et les autres, l'idée reçue de départ s'affine en une vérité toute trouvée : si l'enfant arrive à l'école en étant violent, c'est que ses parents ne seraient (définitivement) pas capables de lui apprendre à se contrôler un minimum. Pourtant, tous les parents sont bien capables d'apprendre à leur enfant à devenir propre. Même ceux dont l'enfant est violent. Et pour cause : parce qu'ils y sont obligés ! Ainsi, quand on nous y oblige, nous y arrivons ! Mais le problème, en matière de comportement relationnel à l'école, c'est que personne n'oblige personne à rien. Ou plus exactement : les textes actuels n'obligent personne à rien. Il y a donc beaucoup de choses que certains ne ressentent pas le besoin de savoir faire.
  Car si l'on prend quelques secondes pour y réfléchir, apprendre à un enfant à être propre fait tout autant partie de l'éducation que de lui apprendre à ne pas faire mal aux autres bambins. Alors pourquoi dans un cas tout le monde y arrive et pas dans l'autre ? On le voit bien, lorsqu'il n'y a pas d'obligation, certains ne voient vraiment pas pourquoi ils se donneraient la peine d'y arriver... Et à propos d'obligation, précisément, on rappellera que l'instruction et a fortiori l'école ne sont PAS obligatoires avant 6 ans. La présente proposition ne poserait donc aucun problème d'application : nul besoin d'enclencher le moindre processus législatif en la matière.

 

  Expériences vécues :
Je me souviens très distinctement d'un petit enfant qui devait avoir tout juste 2 ans en octobre 2002. J'étais en train de descendre les escaliers avec ma classe de CM1-CM2 lorsqu'il nous rejoignit sous l'œil attendri de son père (qui n'avait en théorie pas plus que son fiston le droit d'être là). Sans perdre une seconde, le mignon bambin se mit à boxer dans les jambes de mes grands élèves. Rigolade générale. Recevant moi-même un coup, je fus surpris par l'extraordinaire force qui se dégageait de ce petit survolté. Je ne pus m'empêcher de me l'imaginer avec quelques années de plus : de quelles extrêmes violences sera-t-il alors capable ?… Et puis j'observai naturellement son père : quand donc allait-il enfin récupérer son fils (qui risquait d'ailleurs à tout instant de dégringoler des escaliers, la tête en bas) ? Ce père, en fait, était hilare, terriblement fier de sa progéniture : je vois encore l'étincelle dans ses yeux, j'entends encore les ricanements qu'il n'arrivait pas à contenir. Ce père avait tout d'un entraineur en train d'encourager son «poulain» sur un ring, avec les parieurs autour. Un père, pour tout dire, en train de «dresser» son fils pour l'attaque dès son plus jeune âge, comme certains dressent leur pitbull pour tuer...
A force de reboubler de violence, la petite terreur avait fini par être plus ou moins maîtrisée par deux ou trois des miens. Avec difficultés.
Eh bien ce père, que risque-t-il ? Rien du tout. Tant que son fiston n'aura tué personne, aucune institution française ne l'inquiètera jamais. Et même après, d'ailleurs. Il fabrique les délinquants voire les criminels de demain en toute impunité. Maintenant que nous sommes en 2006, combien de petites victimes — enfants de maternelle — son cogneur de fils a-t-il déjà à son actif ?

Que les parents comprennent bien ceci : lorsque ce genre d'enfant, «programmé» pour être hyper-violent, fait son entrée à l'école maternelle et qu'il se met à agresser ses camarades l'un après l'autre, les instituteurs ou professeurs des écoles n'ont actuellement pas le pouvoir de résoudre ce type de problème. Ils ne peuvent trouver que des petites solutions d'appoint, mettre du sparadrap à droite à gauche, au sens figuré comme au sens propre. Mais c'est tout. Je le rappelle : à l'école maternelle, point de sanction. (Encore moins que dans les classes supérieures.) On ne peut ni sanctionner l'élève très agressif, ni sanctionner ses parents. Pire : la seule idée que l'on puisse sanctionner des petits enfants paraît effroyable à certains, plus ou moins autistes, qui ne voient pas ou ne veulent pas voir que lesdits enfants ainsi livrés à eux-mêmes se sanctionnent les uns les autres beaucoup plus durement que ne le feraient des adultes responsables. J'en veux pour preuve le premier conseil que me prodigua une collègue, en janvier 1997, lors de ma première récréation à surveiller dans une école maternelle de Paris : Surtout, dès que tu vois un enfant à terre, relève-le tout de suite ! Pourquoi, avais-je demandé naïvement ?… A quatre ou cinq ans, ils sont tout de même capables de se relever tout seuls, non ?! La réponse de l'institutrice expérimentée fusa : L'enfant à terre n'a pas le temps de se relever, il y en a très vite deux ou trois ou une demi-douzaine qui se précipitent sur lui pour lui donner des coups de pied un peu partout. Ça peut être dangereux... Au départ un peu incrédule, je constatai très vite qu'elle n'avait évidemment rien inventé.
Désormais, pour les parents qui constatent qu'une école accueille un certain nombre d'enfants très violents, il n'y a pas trente-six mille possibilités : soit ils se résignent à cette violence, soit ils trouvent le moyen de changer leur enfant d'école (pour un gain qui ne sera d'ailleurs pas toujours à la hauteur de leurs espérances). Qu'on se le dise, à l'heure actuelle, il n'y a plus de bonne solution... Sauf si l'on se met à accepter enfin l'idée qu'il ne faut plus tout accepter. C'est là tout l'objet de cette Proposition E3 et des suivantes.
J-Y W.


  En définitive, le discours en direction des familles serait assez simple à formuler :
Si vous voulez qu'on inscrive votre enfant, faites l'effort de lui faire comprendre qu'il ne faut pas qu'il agresse régulièrement les autres. Vous êtes bien arrivé à faire en sorte qu'il soit propre ? Eh bien faites exactement le même effort, ni plus ni moins, pour qu'il soit moins agressif.

 

D'autres arguments seront développés par la suite...


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