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réforme de la justice pénale et civile en Franceréformes dans la société française 
 et autorité de l'Etat

réforme de l'école primaire et de l'éducation nationale

[8 mars 2007]

Proposition  E20  Proposition complète

Pourquoi

Pourquoi

Entériner l'idée – institutionnellement – que l'on puisse commencer à punir très légèrement un enfant dès qu'il atteint l'âge d'environ un an (dès douze à quinze mois selon sa maturité) dans des conditions bien déterminées.

Deux ou trois types de «micropunitions» devraient pouvoir être institutionnellement admis dans un petit nombre de cas. [L'énoncé complet détaille ces aspects.] Bien évidemment, la punition à l'encontre du très jeune enfant doit toujours rester rare et très mesurée. Mais dès lors que les conditions de son exercice sont réunies, les parents devraient être déculpabilisés à cet égard (et les personnels de crèches autorisés à y avoir recours de manière exceptionnelle et très contrôlée). En parallèle, il va de soi que les gestes connus pour leur dangerosité doivent continuer d'être régulièrement rappelés aux jeunes parents et personnels de crèche débutants : ne JAMAIS secouer un jeune enfant, etc.

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Notre société dans son ensemble (parmi d'autres) gagnerait grandement à ce que les parents puissent punir leurs enfants dès l'âge d'environ un an — avec la pondération qui s'impose — sans que cela leur soit reproché. En effet, pourquoi a-t-on parlé récemment du problème de ces très jeunes enfants qui seraient potentiellement prédisposés à devenir délinquants (selon un rapport désormais célèbre) ? Parce qu'il est vrai que certains développent dès leur très jeune âge un comportement agressif. Si l'on ne commence que maintenant à l'entrevoir dans les crèches, le phénomène est en revanche déjà bien connu dans un nombre croissant d'écoles maternelles. Et pourquoi donc les enfants deviennent-ils agressifs de plus en plus tôt ? Parce qu'il s'agit là d'un penchant naturel [cf. l'encart ci-dessous] que seule l'éducation peut infléchir ! Or, si les limites ne sont pas posées, régulièrement rappelées, il y a peu de chance que les enfants se socialisent tout seuls. Attendre qu'il ait atteint l'âge de 3 ou 4 ans pour commencer à punir un enfant, c'est donc déjà bien tard : TROP TARD. Heureusement, à cet âge, tout est encore plus ou moins rattrapable ; mais ce qui n'est pas fait à temps rend la chose plus difficile ensuite.

 

  Le conte pour enfant :
Les enfants sont-ils naturellement des anges ? (Et l'infâme Société l'éternelle cause de tous nos maux ?…) J'ai déjà évoqué les comportements agressifs que l'on rencontre de plus en plus fréquemment dès l'école maternelle. Voici une anecdote de plus :
Au cours du premier semestre de l'année 1997, j'avais en charge une classe de Grande Section. Une fois par semaine venait nous voir une conteuse : une formidable mamie que les enfants adoraient. Un jour, à la fin d'une de ses histoires, elle eut l'idée saugrenue de leur demander ce qu'il conviendrait de faire pour punir le Méchant de l'histoire. Ce fut un déluge : Il faut lui couper la tête ! (...) Non, il faut lui couper les jambes. Et aussi les bras. (...) Et puis le zizi ! (...) Maître ! Maître ! Je sais ! J'ai levé la main avant !... D'abord il faut le brûler en entier et puis après on le découpe en morceaux. (...) Il faut lui arracher les yeux ! (...) Il faut lui mettre un pic dans la tête ! (...) Et pourquoi on pourrait pas l'attacher à un arbre tout le temps jusqu'à qu'il meurt ? [Etc.] Rapidement, spontanément — personne n'ayant cherché à les influencer dans un sens plutôt qu'un autre — les enfants développèrent des idées de plus en plus élaborées, démontrant un certain «raffinement» (si l'on ose dire) en affichant clairement leur objectif : Il faut le tuer tout doucement. Ah bon ?! Et pourquoi ? Comme ça il aura très mal pendant très longtemps.
Dans le langage des adultes, tout cela a un nom : cela s'appelle de la torture et même de la torture gratuite (qui ne sert pas à obtenir un renseignement). En somme : le vif plaisir de faire souffrir le plus possible.

Beaucoup de prétendus spécialistes de l'enfance n'hésiteraient pas à dire ici que ces petits êtres de 5 ans ne se rendent compte de rien, que tout ceci n'est qu'un jeu qui ne démontrerait aucune réelle violence de leur part. Je ne partage pas cette vision systématiquement édulcorée des choses : le jeune enfant ne se rend peut-être pas bien compte de la souffrance qui serait infligée et du caractère irréversible de ce qu'il propose, mais à cet âge la plupart comprennent très bien ce que veut dire couper une jambe ! (Ou brûler quelqu'un, ou l'attacher indéfiniment...) En somme, ils visualisent ce type d'actions et trouvent normal qu'elles puissent être infligées à quelqu'un si c'est un Méchant.
Conclusion : si on ne lui met pas de limite, l'enfant est capable de la pire cruauté... (Cela se vérifie hélas concrètement dans les conflits armés lorsque des mineurs y participent.)
J-Y W.

Question centrale : est-il possible de poser des limites et d'arriver à les maintenir sans jamais punir ? Si quelqu'un y est arrivé, il a bien gardé son secret... Il existe forcément quelques exceptions, des enfants obéissant naturellement à certaines injonctions ou qui sont moins portés que d'autres à transgresser, mais il semble bien qu'une toute petite sanction ou contrainte soit parfois la mieux à même de faire admettre au très jeune enfant qu'il ne peut aller au-delà d'une certaine limite. (Sauf à répéter cent fois la même chose en permanence, mais si tant est qu'il existe des parents qui aient cette capacité, cela équivaudrait à une réelle contrainte au bout du compte et donc reviendrait au même pour l'enfant...)
  Bien évidemment, au risque de se répéter, si l'on peut arriver à faire respecter certaines limites sans punir, c'est toujours mieux ! Ou si certaines limites peuvent être franchies sans danger pour l'enfant, on évitera aussi de punir, ne serait-ce que pour lui permettre de transgresser un minimum ! Que les choses soient bien claires : il n'est pas question ici d'interdire la transgression, mais simplement de limiter les transgressions aux conséquences dangereuses. [La proposition complète en donne deux exemples.]
  Dans ce dernier cas, s'interdire obstinément de punir — pour obéir mécaniquement aux sirènes de l'idéologie anti-sanction — c'est céder aux caprices de l'enfant contre ses propres intérêts, c'est lui permettre de prendre le pouvoir alors qu'il n'en a pas la maturité, c'est très rarement pour le meilleur et presque toujours pour le pire.

Pour éviter toute pression déstabilisante et injustifiée à l'égard de parents responsables qui souhaiteraient seulement pouvoir punir de temps en temps leurs enfants — avec retenue et discernement — sans risquer d'être montrés du doigt, il devient donc aujourd'hui utile d'entériner cet aspect de l'éducation en tant que droit institutionnellement reconnu. Le plus simple serait bien sûr le mieux : point n'est besoin d'une nouvelle loi ! Un seul texte de niveau réglementaire, c'est-à-dire ministériel, avec quelques déclarations officielles devraient pouvoir suffire. Qu'au moins l'on ne puisse pas poursuivre devant les tribunaux des parents soucieux de bien éduquer leurs enfants ! Et que leur rôle d'éducateurs privilégiés soit réaffirmé à cette occasion avec force.
  Quant au fonctionnement des crèches, si l'exercice de la punition apparaîtra plus délicat à beaucoup, continuer de proscrire totalement ce moyen éducatif ne sert pas forcément l'intérêt de nos très jeunes enfants lorsque des comportements fort agressifs ou dangereux se développent très tôt. Il va cependant de soi que cet usage devrait être soumis à de rigoureuses conditions : c'est pourquoi la proposition complète en dresse la liste que d'aucuns pourront toujours améliorer par la suite.


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