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réforme de l'école primaire et de l'éducation nationale

Le constat du 29 mai 2009

Violences scolaires : ils SAVAIENT, sont au pouvoir depuis 2002 et n'ont RIEN fait

Violence à l'école : la faillite des gouvernements successifs de la France des années 2000

Ils n'ont rien fait. Comme leur prédécesseurs, dira-t-on. Les pires Bulletins Officiels de l'Education nationale ont, c'est vrai, surtout été commis entre 1997 et 2000. Néanmoins, nos responsables actuels SAVAIENT. Et n'ont jamais sérieusement remis en cause cette litanie de textes officiels dégoulinant d'idéologie anti-sanction.

Messieurs Darcos et Sarkozy savaient que la situation allait empirer. Ils savaient que les professeurs n'avaient plus le pouvoir. Ils savaient que les violences à l'école ne pourraient que s'aggraver, s'étendre et se généraliser. Ils savaient tout et n'ont rien fait.

Ma première présentation de démission de l'Education nationale, du 19 novembre 2002, leur fut par exemple adressée. [On pourra en lire la quasi-totalité ici.] Petits extraits de cette lettre, envoyée à mon inspecteur d'académie de l'époque, et donc, à Monsieur Nicolas SARKOZY, ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales ainsi qu'à M. Luc FERRY (c'est-à-dire, indirectement, à M. DARCOS déjà en charge du primaire) :

« (...) J'estime ne pas disposer des moyens d'action nécessaires pour assurer un niveau de sécurité (physique et psychique) satisfaisant pour mes élèves (...) leur niveau scolaire [classe de CM1-CM2], dans l'ensemble, est extrêmement bas : à certains égards, il correspond plus à une fin de cycle 2 qu'à une fin de cycle 3 (...) L'un de ces élèves, par exemple, ne fait strictement RIEN en classe ou s'amuse à jouer à « Men in Black » en visant les autres (voire le professeur !) avec ses équerres [c'est-à-dire à tuer tout le monde virtuellement plusieurs fois par jour...] ; j'ai demandé par écrit à voir ses parents, en vain ; des dossiers ont été constitués depuis des années pour qu'il sorte du système classique, en vain là encore. Parce que les parents s'y opposent. (...)

Venons-en à des faits encore plus inquiétants constatés en classe : perturbations sonores incessantes, agressivité récurrente, cris, insultes à voix audible, insulte hurlée, agressions physiques quotidiennes, intimidations fréquentes, menaces, menaces de mort (et pas sous la forme d'une plaisanterie), compas « sortis » à la manière d'une arme blanche. (...) Dans la classe ou durant le temps scolaire : attitudes ou propos obscènes, intimidations ou agressions diverses et variées, désobéissances nettes, insolence, accusations sans fondement, « mythomanie » (...) Je m'aperçois avec stupeur que ce sont donc parfois les plus violents qui s'estiment le plus victimes (...) lorsqu'un professeur veut évoquer un mauvais comportement et que l'élève en question avance une version opposée des faits, les parents d'élèves semblent beaucoup plus enclins à croire leur enfant que l'enseignant (...) Ainsi, les maîtresses et maîtres sont de moins en moins respectés. (...) les problèmes d'irrespect et d'insécurité se développent de plus en plus à l'école (...) On en arriverait même à ce que des enfants simplement aimables et tranquilles puissent, dans ce type de contexte, finir par être considérés comme « inadaptés ». (...)

Actuellement, face à des enfants difficiles et sans le soutien de leurs parents, une maîtresse ou un maître ne dispose d'aucun moyen sérieux de coercition qui permettrait d'assurer son autorité, garante non seulement du bon déroulement des apprentissages scolaires, mais bien sûr aussi, de la sécurité physique et psychique des enfants. Officiellement, sinon dans les faits, nous n'avons quasiment rien droit de faire ! Sauf erreur de ma part, et pour ce qui concerne le primaire, nous n'avons pas le droit d'expulser, pas le droit de priver de récréation (dans sa totalité), à peine le droit de gronder, pas le droit de maintenir un enfant par le bras (en tout cas du point de vue de certains parents) (...) Qu'on ne s’étonne pas si le respect de l'autorité est en régression permanente dans notre pays. Qu'on ne s'étonne pas si la criminalité des mineurs est en progression exponentielle depuis plusieurs années. (...)

Monsieur l'Inspecteur d'Académie, j'espère que vous aurez soupesé le poids de mes raisons. (...) je considère que le niveau d'insécurité dans ma classe est devenu trop élevé (...) »

Et le rapport Schosteck, toujours en 2002 (26 juin), a quoi a-t-il servi ? (Ce sera ma deuxième preuve.) Et tous ces livres de professeurs relatant des faits très graves à l'école — qui pullulent depuis le début des années 2000 ? (Multitude d'autres preuves...) Non, tout cela ne sert à rien, nous prêchons tous dans le désert.

7 ans plus tard, donc, nos dirigeants politiques en sont toujours à s'étonner... Dès 2002, MM. Darcos et Sarkozy étaient très largement au courant de la situation explosive qui règne dans nos écoles et établissements scolaires. Qu'ont-ils fait depuis ?

Ces dernières années, le ministère de l'Education nationale a toujours considéré comme « marginal » le problème de la violence scolaire en France. 1 incident pour 1 000 élèves ! se défendent-ils. Ah bon ? Où vivent-ils ? Dans un ministère... Ils ne savent donc pas que dans certaines écoles c'est 1000 incidents pour 1 élève. Un petit lutin a dû sournoisement s'introduire en leur absence pour inverser les chiffres sur leur bureau.

Et maintenant, ça court, ça s'affole, ça improvise, ça déclame à tort et à travers, sans aucune réflexion de fond, comme d'habitude, élections obligent. M. Darcos, donc, se réveille. Lui qui a osé dire que l'autorité procède désormais du contrat (Le monde, 31 octobre 2002). Lui qui est partisan d'une école espace-ressource à l'usage de toute la population à l'image d'un centre culturel ou un équipement associatif (Sud Ouest, 16 octobre 2003). Lui qui assimila en 2007 le simple fait de se lever (par exemple lorsque la directrive entre dans la classe) à un garde-à-vous qu'il réprouve à grands cris, démontrant une fois de plus — jusqu'à la caricature — à quel point il abhorre toute idée d'autorité à l'école. Tandis que dans le même temps M. Fillon déclarait que l'école obligatoire à 16 ans ne peut être remise en cause. Même quand un élève passe son temps à tabasser les autres ou à les empêcher de travailler...

Pendant toutes ces années-là, ils ont donc passé leur temps à piétiner l'autorité des professeurs à l'école. Ladite « droite » a entériné l'entreprise de démolition de ladite « gauche ». L'école a d'abord pris une gauche puis une droite. Dans la figure. Elle est maintenant KO.

Nos derniers gouvernements — comme les précédents — n'ont donc RIEN FAIT au cours de ces années 2000 pour restituer aux professeurs un pouvoir institutionnel suffisant, base fondamentale pour retrouver à terme une sécurité durable dans nos écoles et établissements scolaires. Et maintenant, que nous propose-t-on dans la précipitation ? (Pour changer...) Des fouilles systématiques d'élèves. Le truc impossible à réaliser... Et dangereux. Le bla-bla-bla habituel dont on sait très très bien qu'il tombera à l'eau très très vite.

Alors bien sûr, me dira-t-on peut-être, Etat de droit propose depuis 2006 que les directeurs d'école et chefs d'établissement aient le droit d'exiger à tout moment et de tout élève qu'il lui montre le contenu de ses effets personnels. Mais le gouvernement actuel, qui n'en est pas à son premier mauvais plagiat, a le don de toujours très mal recopier. Et après on dira que les « lignes » ne servent à rien !

En effet, la Proposition E3 du site Etat de droit délimite précisément ce droit de vérification : le directeur n'aurait pas le droit de pratiquer lui-même une fouille, et encore moins une fouille au corps ! Il n'aurait que le droit d'exiger que l'élève le fasse (avec sanction en cas de refus). Il n'y aurait aucun caractère systématique. Il n'y aurait pas de déballage en public. Le directeur pourrait se faire remplacer par deux autres professionnels de l'école. Il y aurait aussi la proposition E2 — instituer un pouvoir collégial à l'école — pour faire contrepoids à d'éventuels abus d'un directeur ou proviseur trop zélé. Etc. etc. En somme, les actuelles 22 propositions de réforme de l'Éducation nationale du site Etat de droit constituent tout un ensemble, mûrement et posément réfléchi pendant des années, de pouvoirs et de contre-pouvoirs.

Tandis que M. Darcos parle de quoi ? D'abord d'une « force mobile d’agents », puis d'une « brigade », bref, d'une nouvelle dépossession de pouvoir au détriment des professeurs et autres personnels de l'école, qui ne seront donc plus jamais capables de se défendre eux-mêmes... Voilà où nous en sommes : des élèves tout-puissants et des professeurs condamnés à appeler à l'aide... Ce qu'ils ne feront d'ailleurs jamais ou trop tard.

En revanche, pas question qu'un élève soit renvoyé de l'école publique ! Aucune remise en question des pires textes jamais commis ! L'incohérence gouvernementale est à l'image des « élèves » les plus « difficiles » de notre époque : sans limite.

M. Darcos parle aussi de « portiques » (détection de métaux) après avoir voulu ouvrir l'école à tous les vents. Mais pour qui nous prend-t-il ? Ce n'est plus un retournement de veste, c'est un hélicoptère ! Et bien sûr, tout est toujours flou et improvisé... Qui fouillera qui ? Dans quelles conditions ? Avec quels motifs ? Quel argent ? Les portiques sont donc gratuits ? Les caisses de l'Etat sont pleines ? Les enfants ne sont pas capables de se battre violemment sans ustensile en métal ?… Plus c'est gros, plus ça passe. Les grands coups d'épée dans l'eau succèdent aux fracassants effets d'annonce sans lendemain. Ça va vite, ça défile. Le gouvernement de la France est devenu un grand jeu vidéo. Et pendant ce temps-là nos enfants continuent de se battre pour de vrai.

La vérité, c'est que les pyromanes d'hier s'improvisent pompiers une semaine avant l'élection comme les collabos s'improvisèrent résistants à la dernière heure.

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